Road trip en Scandinavie : bilan et infos pratiques

Me voilà de retour, pour vous raconter mon aventure estivale 2016 ! Un mois de vadrouille, à deux, depuis Montpellier jusqu’au Cap Nord, en Norvège, en passant par l’Allemagne, le Danemark, la Suède et un petit bout de la Finlande. A peu près 10 000 kilomètres de route, 150 heures au volant, 23 nuits dans la voiture et 2 en auberge de jeunesse, plus de 1000 photos et des milliards de souvenirs dans la tête.

Je ne vais pas m’attarder sur l’Allemagne, ce n’est pas le sujet et j’aurai moultes occasions de vous tanner la tête avec ce pays, celui que j’ai le plus visité après la France, et que je n’ai pas encore fini d’arpenter en long, en large et en travers. Nos étapes marquantes ont été le château de Heidelberg et le village de Hann. Münden, des incontournables que je recommande fortement ! Nous avons aussi passé une nuit à Flensburg, juste avant de passer la frontière avec le Danemark, dans une auberge du nom de Flensbed. Il n’y a rien de particulier à voir dans cette ville, mais l’ambiance portuaire est agréable et on a passé une bonne soirée. On a mangé un döner kebab – le kebab allemand, mille fois meilleur que le français ! – et bu quelques pintes de la bière locale, la Flensburger bier, dans un bar à bière qui s’appelle… « Bar à bière » (Bier bar) !

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Le port de Flensburg

Le Danemark est charmant, bien qu’on en fait vite le tour : paysages plats, champêtres, petites villes accueillantes. On n’a pas été à Copenhague ; ce genre de ville mérite un séjour à part entière, avec logement sur place et suffisamment de temps pour en profiter pleinement. En revanche, on a fait un crochet par les fameuses falaises sur l’île de Møn. Il faut avoir le courage de descendre toutes les marches jusqu’en bas… et surtout les remonter ! Mais le panorama en vaut vraiment la peine !

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Comme on est pauvres on a évité le ferry Danemark-Norvège qui revient à 200€ avec le véhicule, alors on a pris le pont, ou plutôt les ponts. Il y en a deux payants : le premier, entre les deux grandes îles du pays, fait une vingtaine de kilomètres et coûte environ 30€. Celui qui mène à la Suède est moins long mais plus cher : comptez 50€.

Nous avons traversé la Suède de bas en haut. Arrivés par le Danemark, nous avons d’abord fait un arrêt à Lund, où nous avons visité quelques musées et le jardin botanique. Les trois jours suivants, nous avons fait étapes auprès de lacs, dont le lac le plus grand d’Europe : le lac Vänern, au bord duquel se trouve le château de Läckö que l’on peut visiter. Nous avons aussi vu le lac Siljan, plus petit, mais très touristique. Ensuite, nous avons rejoint la côte du golfe de Bothnie, à l’est, pour la remonter tranquillement. Le paysage suédois, plutôt plat aussi, se compose principalement de grandes forêts de conifères, parsemées de petites maisons en bois, et des lacs à l’infini. On se croirait presque au Canada. Vaste terre sauvage, la population se concentre à 80% dans le sud, et plus on monte, plus on se paume dans la cambrousse. Ce pays est parfait pour les amoureux de la nature. A hauteur de Stockholm, on ne trouve plus beaucoup d’autoroutes à proprement parler, mais des routes toutes droites filant à travers les arbres immenses. Le paysage évolue progressivement à mesure qu’on va vers le nord : la forêt tempérée, haute et touffue, se transforme peu à peu en taïga, plus aérée, dépouillée, peuplée d’épicéas et de pins sylvestres, tapissée de mousse chatoyante et de gros rochers noirs. Un décor de conte de fée, on s’attendrait à voir surgir un troll à tout moment ! La Laponie, en particulier, fait son effet !

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Route en Laponie

La Norvège n’a absolument rien à voir avec tout ça. Le ciel se couvre, les roches jaillissent, un début de toundra apparaît, ainsi que ce que nous avons baptisé la « forêt black métal » : des petits bouleaux tous nus et tordus, qui semblent nous demander d’abréger leurs souffrances. C’est avec beaucoup d’émotion que nous avons longé, sur une route étroite et sinueuse, notre premier fjord, étranglé entre deux montagnes rocheuses, dévalées de cascades et perdant leur sommet dans le brouillard. L’ambiance était au rendez-vous, la Norvège ne nous a franchement pas déçus.

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La forêt black métal

Ironiquement, le jour où nous avons atteint le Cap Nord, on a eu droit à un soleil radieux. Cet endroit est un de nos meilleurs souvenirs. La route qui mène d’Alta, où nous avions passé la nuit, au Cap Nord, est à couper le souffle. Des heures entières à filer à travers la toundra, qui s’étend à perte de vue, ou à longer l’océan glacial Arctique. Le Cap Nord en lui-même n’est rien d’autre que la destination de ce magnifique périple, où on peut prendre un café hors de prix et acheter des babioles au milieu d’une cohue de touristes, mais s’accouder à la barrière face à l’immensité de l’océan, en direction du Pôle Nord, c’est toujours un grand moment. Le parking étant payant, on a choisi de laisser la voiture un peu avant, sur le seul bas-côté accessible à plusieurs kilomètres de là.

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La vue du Cap Nord : au fond, c’est l’Arctique
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La toundra sous le soleil

La Norvège nous a fait grande impression, mais c’est un pays difficile à vivre. On comprend pourquoi les habitants font tous la tronche ! Parmi les inconvénients, les principaux sont la météo exécrable, toujours humide est brumeuse, et le réseau routier qui est une purge, à cause de la géographie du pays. On ne fait que slalomer entre les fjords et les montagnes, rarement à plus de 80km/h. Les détours multiplient les distances, et le moindre trajet prend un temps fou. Pour aller un peu plus vite, on peut traverser les fjords en ferry, pour une dizaine d’euros à chaque ferry ; je vous laisse calculer la note en comptant le nombre de fjords à traverser du nord au sud de la Norvège… Enfin, un détail qu’on aurait apprécié savoir au préalable : il y a un ferry inévitable au centre de la Norvège, Skarberget/Bognes ou Kjøpsvik/Drag. Les norvégiens n’ont pas été foutus de construire un pont ou une route à ce niveau-là du pays. Si on ne veut pas prendre le ferry, il faut donc faire un grand détour en repassant en Suède au niveau de Narvik, c’est à dire deux heures de routes au nord (ou de Storjord si vous arrivez par le sud). Autrement dit, un détour d’environ 400 kilomètres… 

On s’est dit que le destin voulait nous faire retourner en Suède, et on a bien fait parce qu’on s’y sent bien mieux qu’en Norvège. A peine la frontière passée, le beau temps est revenu (et je n’exagère pas), on a pu dépasser les 80km/h et rouler tout droit. On a fait griller des saucisses au bord d’une rivière, près de Jokkmokk, une petite ville qu’on a beaucoup apprécié. Il y a un musée sur la culture Sami, et un charmant petit jardin botanique garni de plantes locales. On a regagné la Norvège un peu plus au sud, où on a encore eu de belles surprise : le musée de Romsdal à Molde, le glacier de Boya ou encore les hauts plateaux des montagnes. On a beau râler sur le fait que les routes principales du pays sont des petites routes de montagne et qu’on avance comme des tortues, la Norvège peut se vanter d’offrir des panoramas qui valent mille fois ces désagréments. Ce qu’on a vu, il faut le voir, au moins une fois dans sa vie.

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Le glacier de Boya
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En haut de la montagne

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Un petit mot sur l’aspect financier du voyage. Le Danemark, la Suède et la Norvège ont chacun leur monnaie, respectivement les couronnes danoises, couronnes suédoises et couronnes norvégiennes. La suédoise et la norvégienne sont relativement les mêmes (environ 10 couronnes pour 1€), mais la danoise est un peu plus élevée (7,4DKK pour 1€). Au niveau des prix, le Danemark et la Suède sont un peu plus chers que la France mais ça reste raisonnable. La Norvège, quant à elle, est à la hauteur de sa réputation. Attendez-vous à faire péter le flouze, ou à mourir de faim. Pareil pour le carburant, les parkings, etc… Cependant les musées et sites culturels sont assez abordables. En totalité, le voyage nous a coûté environ 1 500€ à deux, et on ne s’est pas trop privé de bonnes bouffes et de culture. Nous avons aussi eu une amande, à Lund, en Suède, car on s’est mis sur le mauvais parking, juste à côté de celui pour lequel on avait payé. Elle s’élève à une quarantaine d’euros. Nous sommes partis sans payer, et nous n’avons toujours pas été interpellés. Soyez prudents, les suédois sont très stricts, et les PV tombent plus vite que chez nous.

Si la Norvège a un avantage, c’est l’absence de moustiques. En effet, en Suède c’est des essaims entiers qui peuvent vous assaillir au bord des lacs. Heureusement, ils ne portent pas de maladies, mais ils sont bien casse-couilles. Les températures sont plutôt chaudes en Suède, autour de 25°C (moins quand on monte dans le nord), et il fait plutôt beau. La Norvège est en fait une chaîne de montagne, qui bloque les nuages générés par l’océan à l’ouest. Les norvégiens se prennent donc tout le sale temps, et de l’autre côté en Suède, on est tranquille. Quoiqu’il en soit, prévoyez les vêtements chauds, car ça peut vite chuter en l’absence de soleil, et comme vous l’avez vu sur les photos, les neiges éternelles ne sont pas loin.

En allant là-bas, j’avais une peur bleue de tomber sur un ours, dont la population européenne se concentre en grande partie là-bas. Mais la seule chose qui a voulu me faire du mal, c’est un gang de trois vaches qui n’ont pas apprécié que je les prenne en photo, au bord du lac Siljan en Suède. Comme quoi, vos ennemis ne sont pas ceux que vous croyez… Par ailleurs, on n’a pas vu un seul ours, ni un seul bœuf musqué (ceux-là non plus, j’avais pas envie de les voir !). On a vu deux élans, dont un mort, percuté par une moto. En revanche, on a croisé un paquet de rennes. Il faut faire très attention aux animaux sur la route, surtout dans les coins sauvages. Les rennes notamment, ont tendance à traîner par troupeaux entiers, au milieu de la route, tranquilles, sans pression. Les moutons aussi parfois, aiment bien y faire la sieste.

Ce voyage a été aussi pour nous l’occasion d’inaugurer la voiture aménagée de Maël, une Logan 7 places dont il a retiré les sièges arrières pour installer des couchettes, dont une convertible en table pour manger ou travailler. Après la petite Clio, où on dormait sur les sièges avant, c’est l’hôtel quatre étoiles ! Cela dit, ça reste des conditions de vie sommaires. Si j’ai un conseil, c’est de ne pas négliger l’organisation et les rangements, car dans un espace aussi confiné, ça devient vite le bordel, et on se fatigue vite de faire des acrobaties dans tous les sens pour chercher la moindre chose !

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Soirée film comme à la maison !

Le gros point positif que j’en retire, c’est qu’il est super facile de se poser en Scandinavie. Comme ce sont des pays très grands et peu peuplés, les spots ne manquent pas pour s’arrêter au calme, dans une forêt ou au bord de l’eau. Par contre, il y en a un qui ne vous laissera jamais en paix : le soleil ! On n’y pense pas forcément, mais en été, à partir d’une certaine longitude, la nuit n’existe plus. Et ça peut être vachement perturbant pour le sommeil ! Prenez un masque, au cas où.

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Au bord du golfe de Bothnie, en Suède

Si vous avez plus de questions concernant l’organisation, l’aménagement du véhicule, le matériel, n’hésitez pas !

En résumé c’était un très beau voyage ! Les paysages sont le gros point fort de la Norvège, même s’il y a beaucoup d’inconvénients. Le temps nous a finalement manqué, et on est passé à côté de beaucoup de choses, notamment les îles Lofoten. La Norvège en voiture n’est pas forcément la formule la plus intéressante, pour les raisons que je vous ai déjà exposées. J’aurais aimé faire des randonnées, et je pense qu’en trekking, ça doit être vachement bien. Dans tous les cas, mieux vaut avoir le porte-feuille bien accroché.

La Suède, en revanche, est parfaite pour la voiture. Ça roule bien, tout est gratuit, les spots sont innombrables, les gens sympas, la météo clémente, bref vous l’aurez compris, j’ai aimé la Suède dès notre première rencontre il y a deux ans, et mon sentiment s’est confirmé cet été.

Je vous laisse avec quelques photos supplémentaires, et j’attends vos commentaires, vos questions, vos expériences…

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Prendez soin de vous !

Annaboule

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