Esprit critique et vérité

Voilà quelques temps déjà que j’ai jugé bon de me sentir concernée par le monde qui m’entoure. Ben c’était vraiment une idée de merde. J’aurais pas dû. Je me portais bien mieux quand j’en avais rien à cirer. Vous vous rendez compte, je me pose encore plus de questions relou que quand j’étais ado. Ça, c’est la loose !

Et elles le sont d’autant plus qu’elles concernent des choses auxquelles on est tous inévitablement confrontés dans notre vie : l’alimentation (parce qu’on mange tous, à ma connaissance), l’environnement (parce qu’on a tous un impact sur lui), la santé (on tombe malade), la société (on vit dedans), l’éthique (on a notre idée de ce qui est bien ou mal), la politique (il faut bien prendre une décision quand les élections arrivent, même si c’est pour décider de ne rien faire). Ce fait a pour conséquence la suivante : les avis c’est comme les trous du cul, tout le monde en a un (décidément j’adore cette phrase, fallait que le la place). Ce qui est un avantage comme un inconvénient, l’inconvénient principal étant que, chacun ayant quelque chose d’éclairé à dire là-dessus, à l’arrivée c’est vraiment le bordel.

Une chose est sûre c’est que l’Internet a exacerbé ce phénomène en donnant à tout un chacun la possibilité d’exprimer ce qu’il pense au monde entier. Là encore, il y a ambivalence : cela permet d’avoir une vue d’ensemble plus propice à se forger une opinion appuyée, et en même temps ça part tellement dans tous les sens, et les contradictions sont si nombreuses qu’on s’y perd très vite et on ne sait plus quoi penser. Par-dessus le marché, il devient difficile de discerner le niveau de fiabilité de ce qu’on lit quand n’importe qui peut affirmer ce qu’il veut. Bref, jusqu’ici je n’apprends rien à personne.

J’ai commencé à m’intéresser à la nutrition principalement parce que je voulais garder la ligne et la santé. C’était déjà assez compliqué, entre les professionnels qui ne sont pas d’accord entre eux, payés ou pas par des entreprises qui ont des intérêts à défendre, les monsieur et madame tout le monde qui laissent traîner leur témoignage, parce que « c’est pas parce que t’es médecin que t’as la science infuse », ou encore les webzines qui interprètent pas toujours honnêtement les rapports d’études scientifiques pour pondre des articles sensationnels… Vous imaginez que quand j’ai voulu ajouter le versant « écologie » du sujet, je me suis dit que je m’en sortirais jamais. Et là, c’est que pour la bouffe.

J’ai toujours été assez réceptive, pour ne pas dire influençable, à ce qu’on me raconte. C’est bien, ça prouve que je suis ouverte d’esprit et capable de me remettre en question, ce n’est pas donné à tout le monde. Mais d’un autre côté, je vis dans un doute permanent. Je ne peux pas être sûre de ce que je sais. Cherchant à comprendre le monde dans lequel je vis, je lis beaucoup d’articles, je regarde beaucoup de vidéos, je discute avec des gens, et plus j’en apprends, plus j’ai l’impression que je ne sais rien. C’est à ce moment qu’il faut faire appel à l’esprit critique, afin de faire du tri dans les millions d’informations discordantes qui nous assaillent de part et d’autre. Mais l’esprit critique, il faut le temps et les outils pour le développer, et je suis encore loin du compte.

Le processus s’est accéléré quand j’ai commencé à fréquenter de près un scientifique rabat-joie et terre à terre, qui va aujourd’hui porter le doux nom de monsieur Sceptique, et qui ne manque pas une occasion de me repousser dans les retranchements de mon argumentaire. Au même moment, j’ai commencé à intégrer des communautés écologistes, minimalistes, altermondialistes, et plein de trucs en -istes qui défendent le bio, le zéro-déchet, l’harmonie avec la nature et les légumes crus. Bref, que les concernés ne se vexent pas, je résume très grossièrement un mode de pensée engagé dans lequel je me suis vite retrouvée. Et qui ont alimenté grassement les conversations avec monsieur Sceptique.

Selon lui, le problème des convictions, comme celles que j’ai au sujet de l’écologie et de la société, réside dans le fait qu’il s’agit de faire un choix, souvent au feeling, et de partir du principe que les autres ne sont pas valables. Entre la conviction et la croyance, il n’y a qu’un pas. Il est très facile de se faire un avis sur une question en tranchant de façon empirique, sans chercher ce qu’il en est concrètement, parce qu’on le « sent comme ça », et c’est ce que font la plupart des gens aujourd’hui, moi compris. Inutile de préciser que c’est à l’inverse de la méthode scientifique, qui n’accorde son crédit qu’à ce que l’on peut observer de ses propres yeux ; et encore faut-il l’interpréter correctement.

Franchement, avoir des convictions, ça m’allait très bien. J’avais des objectifs, des certitudes indétrônables, c’était plutôt rassurant. Je commençais enfin à voir devant mes yeux se dissiper le brouillard et apparaître un monde qui tenait plus ou moins debout. Et monsieur Sceptique est arrivé avec ses grands sabots pour y donner quelques coups bien placés : c’est quoi, « bio » ? C’est quoi, l’écologie ? Ça veut dire quoi, « naturel » ? Tu peux me dire pourquoi la pollution, c’est pas bien ? Tu sais de quoi tu parles ? La réponse n’était pas franchement oui, j’étais obligée d’admettre qu’il avait raison.

Bien sûr il ne fait pas ça pour me convaincre que j’ai tort mais pour pointer du doigt les faiblesses de mon discours. Je sais que je dois prendre en compte ces questions et qu’en me les posant, j’en reviens plus assurée sur le sujet. C’est juste un peu brutal comme approche pour ma petite tête qui a déjà suffisamment de problèmes à traiter quand il est pas là pour en rajouter une couche. C’est pour ça qu’en général, je boude, et après je réfléchis à ce qu’il m’a dit. Chaque chose en son temps. D’ailleurs, j’apprends aussi à ne pas me laisser systématiquement dérouter par ses remarques. Je sais que je peux avoir une très grande confiance en ses connaissances et sa perspicacité, mais je me dis aussi parfois que personne n’a la science infuse et qu’il faut avoir confiance en soi et savoir affirmer sa position quand on en est suffisamment convaincu.

Trouver le juste milieu entre savoir douter et avoir quand même un minimum d’avis sur quelque chose, c’est pas de la tarte. L’affaire s’est corsée une nouvelle fois quand j’ai découvert la zététique grâce à cette vidéo, et là on approche du climax les amis. Je me suis inscrite sur le groupe Facebook pour le plaisir de me faire retourner le cerveau au quotidien, et avec la bonne surprise de tomber sur des publications qui ne sont pas tendres envers mes idées de hippie naturienne. Ouais, ça fait toujours tout drôle. Mais après tout, pourquoi pas ? Quand on cherche vraiment la vérité, il faut s’attendre à voir son monde s’effondrer encore et encore.

Alors je ne crois pas que l’écologie entre vraiment dans le domaine de la zététique à proprement parler qui tourne plutôt autour des phénomènes dits paranormaux et des pseudosciences comme l’astrologie ou l’homéopathie. Mais au-delà de cette définition stricte il y a une vision du monde et une méthode très pointue qui sont utiles à n’importe quelle problématique, et qui ne sont pas si difficiles à appliquer pour peu qu’on ai saisi l’esprit scientifique. Personnellement j’ai toujours été fascinée par la science, et j’ai une grande admiration pour ces gens, leurs lunettes et leurs blouses blanches sexy. Non pas que je gobe tout ce qu’ils disent, mais une affirmation obtenue avec une méthode scientifique a davantage de crédit à mes yeux.

La méthode scientifique, qui est à ce jour la plus fiable, n’apporte néanmoins pas de réponse à tout. Je pense à l’éthique, à la politique, aux problématiques sociales. On ne peut pas prendre des positions de ce type avec une totale objectivité, et l’objectivité est inhérente à la méthode scientifique. La science doit écarter tout ce qui a trait à l’instinct et à l’empirisme, pas le choix. La science ne peut pas dire ce qui est bien ou mal. Elle peut dire qu’il y a un changement climatique, une diminution de la biodiversité, un épuisement des ressources, de la pauvreté, mais elle ne peut pas dire : c’est pas bien, il faut lutter contre. Ça, c’est nous qui le disons, c’est notre petit cœur tout mou, pas la science. Je trouve important de faire cette distinction.

Ce qu’on peut en tirer c’est que, comme aime à dire notre bon vieux monsieur Sceptique, « la vérité n’est qu’une interprétation de la réalité. » La nature, elle s’en bat les steaks de ce qu’il se passe, ce n’est pas une entité, c’est un ensemble d’éléments qui interagissent les uns avec les autres, à qui on aime prêter une personnalité comparable à la nôtre même si ce n’est probablement pas le cas. Alors voilà les gars, pensez ce que vous voulez, c’est la fête !

Certes c’est très charmant tout ça, mais il y a un gros souci, c’est que ça ne fait absolument pas avancer le schmilblick. J’ai toujours besoin de savoir comment m’alimenter, comment me soigner, à quel point m’emmerder à limiter mon empreinte écologique et à favoriser les produits « naturels », si c’est acceptable ou pas de consommer du cochon heureux, si je dois être pour ou contre les OGM… Quand je dis que j’en ai besoin, c’est que je peux vivre sans savoir si je dois croire aux extra-terrestres, ça ne change pas ma vie, mais ne pas savoir ce que je dois manger, ça par contre c’est embêtant. Je n’ai pas de réponses à ces problématiques qui sont au centre de mon quotidien, et même quand j’en ai une, le risque qu’elle soit remise en cause est toujours présent.

J’ai des moments de pessimisme extrême, mais il n’est pas non plus impossible d’obtenir un minimum de vérité en ce bas-monde. Le tout c’est d’être prudent. L’esprit critique dont je vous parlais quelques paragraphes plus tôt ne s’invente pas. Il n’est pas inné, et même si chacun fonctionne différemment dans sa tête, même s’il n’y a pas d’égalité initiale, ce n’est qu’un conditionnement mental accessible à tous. Il faut seulement acquérir des clés, qui peuvent être plus ou moins évidentes selon les gens. Si ce n’est pas le cas pour vous, pas de complexe à avoir, moi-même je ne les aurais jamais trouvées toute seule, il a fallu qu’on me les apporte sur un plateau avec des cookies pour que je commence à comprendre le principe.

Ça veut pas dire qu’on est débiles, c’est juste qu’on fonctionne pas comme ça à la base. Ne laissez pas ces zigotos de terminale S vous dire que vous êtes des idiots ! L’intelligence ça ne veut rien dire, en tout cas dans ce contexte là c’est plus une question d’ouverture d’esprit que d’intelligence. Par contre je ne peux que vous recommander chaudement, si la démarche vous intéresse, de vous documenter sur la zététique, et notamment d’aller jeter un œil aux vidéos de Richard Monvoisin qui donne de bonnes explications. Un bon moyen d’intégrer un mode de pensée est de plonger tout habillé dedans pour y nager allègrement, c’est-à-dire regarder beaucoup de vidéos et lire beaucoup d’articles, et ça finit par rentrer dans la tête. La répétition est une méthode d’apprentissage qui a fait ses preuves.

Alors attention, il y a danger de s’en imprégner trop et d’en finir prisonnier. Pour cela, veillez à prendre des bains divers et variés. Je traîne sur beaucoup de groupes d’information et de débat différents, dont les points de vue sont parfois en contradiction, ce qui me permet de rappeler de temps en temps à mon cerveau de ne pas s’enfermer dans une vision du monde unique et imperméable, et que toutes les positions doivent être prises en compte, même celles qui ne me plaisent pas. Richard Monvoisin (entre autres) parle notamment de « l’exposition sélective » qui est pratiquée par à peu près tout le monde, qui consiste par exemple à ne lire que des journaux dont la ligne éditoriale correspond à nos idées, et qui ne font que les conforter sans suggérer des points pertinents qui pourraient nous faire réfléchir et évoluer.

Accepter de se remettre en question est dans tous les cas une faculté importante à développer, dans absolument tous les domaines de la vie, vraiment, on ne peut évoluer nulle part si on n’est pas capable de se remettre en question. Même si c’est difficile, même si c’est pénible. J’insiste sur ce point parce que c’est l’une des choses les plus importantes que j’ai appris dans ma vie. Et ça vaut particulièrement dans ce dont je vous parle aujourd’hui. Richard Monvoisin dit dans sa vidéo que l’esprit critique est « une école d’humilité ». L’esprit critique s’applique autant à soi-même qu’aux autres. Et je suis bien placée pour savoir, orgueilleuse comme je suis, que c’est pas facile, mais c’est essentiel, même les meilleurs peuvent se tromper. Même les choses les plus basiques et évidentes, qui sont aux fondations de votre monde, peuvent être remises en cause, souvenez-vous en. Big up aux produits laitiers qui ont fait toute mon enfance et qui ont pris vraiment cher depuis que j’ai découvert Internet.

Soyez prudents, comme je disais, vis à vis des médias. Je dis ça avec un peu de tristesse, parce que je considère que dans le principe, les médias ont dans la société un rôle irremplaçable d’information et de communication. Je suis moi-même journaliste à mes heures perdues. Mais il y a vraiment un gros problème, c’est que le média est (devenu ?) un commerce, qu’ils sont obligés de vendre. A partir du moment où il y a des sous derrière un texte, vous pouvez tout de suite allumer votre radar à conneries. Je ne sais pas si ça a toujours été le cas, mais aujourd’hui en tout cas, la plupart des médias marchent au buzz et au sensationnel. Ce qui implique l’exagération, l’amplification de l’information, et même la sur-interprétation.

Pour prendre du recul face à ça, il faut essayer de faire la part des choses entre les faits relatés et ce que le journaliste en dit. L’information peut être facilement biaisée par le point de vue de l’auteur. Renseignez-vous sur les faits en eux-mêmes, tous nus, et faites-vous votre propre impression. Elle ne correspondra pas forcément à celle véhiculée par l’article. Gardez aussi en tête qu’on ne peut pas se faire une véritable idée d’un fait rapporté. Il peut manquer un contexte, des paramètres importants. Souvent aussi, les articles s’appuient sur des études scientifiques. Je ne saurais trop vous conseiller d’aller consulter l’étude directement. Je sais c’est chiant, mais des fois vous pourriez vraiment avoir des surprises.

Méfiez-vous un peu aussi de vos sentiments. C’est un peu barbare comme recommandation mais nos émotions ont vraiment une influence pas toujours honnête sur ce que nous pensons. On a envie de croire les gens qu’on aime, on a envie de croire en l’humanité, et il suffit de mettre une photo d’enfant malade pour convaincre les anti-vaccins de revoir leur décision. Bon, c’est pas vrai, ça suffit pas, mais ce que je veux dire c’est que les médias ne se privent pas de parler au cœur des gens pour leur faire passer plus facilement les grosses pilules. Ce procédé peut être pertinent sur les sujets d’éthique mais attention à ne pas se laisser abuser, à toujours réfléchir un peu avant de se laisser emporter.

Bref, des nombreuses petites choses simples à appliquer permettent de filtrer un peu ce qui rentre dans notre tête.  Bien sûr, ça limite grandement nos certitudes. Je ne suis jamais sentie aussi ignare. Mais au moins, ce que je sais, j’ai plus de chances que ce soit vrai. Bon, et au passage, ne nous emballons pas sur le concept de « vérité ». Notre perception du monde n’est sûrement pas exacte. C’est pour cette raison qu’il qu’il ne faut pas non plus se prendre excessivement la tête sur certaines choses qui, au fond, dépendent du point de vue, et ne peuvent pas vraiment être tranchées. Pour l’exemple, il n’y a pas de véritable raison d’être écolo. Abîmer la terre, ce n’est pas « mal » en soi, puisque la notion de bien et de mal, comme vous l’avez compris, c’est nous qui l’avons inventée, et ça n’a pas de réalité.

En fait, je fais là une différence que je trouve essentielle entre les « faits » démontrables objectivement, et les opinions qu’on s’en fait. Mais une fois cette distinction faite, rien n’empêche de prendre position. Si on prends par exemple le fait suivant : la biodiversité est menacée. On peut tout à fait considérer que ce n’est pas grave, pour mille raisons, et on doit pouvoir accepter cette idée. Moi la biodiversité, je la défends parce que j’aime la terre, et que je ne me vois pas de toute façon faire autrement ; ce n’est pas un argument scientifique, ce n’est pas une vérité, c’est mon ressenti personnel et je dois concevoir qu’il n’est pas universel. Ce que je veux vous expliquer c’est que oui, il faut avoir un regard critique sur ce qu’on nous raconte, c’est le propos de tout mon article. Mais je voulais simplement faire remarquer ce n’est pas parce qu’une opinion n’a pas d’appui scientifique en soi qu’on n’a pas le droit de la soutenir ; le tout, c’est de bien y réfléchir, d’avoir conscience qu’elle n’est qu’une opinion, et l’assumer.

Si vous aussi vous vous intéressez à la démarche du scepticisme, ou que vous voulez tout simplement améliorer votre façon d’appréhender les informations, je vous invite à faire vos propres recherches. Il y a plusieurs chaînes Youtube très instructives qui m’ont aidée, parmi lesquelles La Tronche en Biais, Instant Sceptique, Samuel Buisseret ou encore Cygnification qui ne parle pas que de ça, mais c’est grâce à lui que j’ai découvert le concept. Tout ce beau monde se retrouve en partie sur le groupe Facebook Zététique – à fréquenter avec modération, en tout cas pour ma part si je fais pas des pauses je deviens asthénique !

J’ai voulu faire cet article parce que c’est un sujet qui me tient à cœur en ce moment, mais aussi parce que la nécessité d’avoir l’esprit clair dans un système manipulateur m’apparaît d’autant plus forte en ces temps de dérangement social, politique et environnemental. Si on veut aller quelque part et ne pas partir en cacahuètes, je pense qu’il faut savoir se servir de sa cervelle de façon logique et responsable. Enfin, c’est une autre histoire…

En cadeau : une conférence sympa sur les médecines alternatives avec des clashs et des voitures qui explosent !!

Prenez soin de vous et de votre esprit,

Annaboule

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Une réflexion sur “Esprit critique et vérité

  1. Tres bien ecrit (je suis venu ici depuis le groupe zetetique sur facebook!) merci annaboule. Completement d’accord sur le fait que le doute scientifique est un effort. D’autre part, c’est exactement pour des gens comme toi que la « zetetique » existe, parce que si c’est pour parler d’homeopathie et de methode scientifique a des gens qui savent deja ce que c’est, on perd notre temps.

    Courage, la demarche scientifique occupe ses adeptes pendant leur vie entiere, donc t’as pas fini d’en baver 🙂

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